Heart Song

Original French version:

“Air Du Temps” — Louis Aragon


NUAGE

Un cheval blanc s’élève

Et c’est l’auberge à l’aube où s’éveillera le premier venu

Va-tu traîner toute ta vie au milieu du monde

A demi-mort

A demi-endormi

Est-ce que tu n’as pas assez des lieux communs

Les gens te regardent sans rire

Ils ont des yeux de verre

Tu passes tu perds ton temps tu passes

Tu comptes jusqu’ à cent et tu triches pour tuer dix seconds encore

Tu étends le bras brusquement pour mourir 

N’aie pas peur

Un jour ou l’autre

Il n’y aura plus qu’un jour et puis un jour

Et puis ça y est

Plus besoin de voir les hommes ni ces bêtes à bon Dieu

Qu’ils caressent de temps en temps 

Plus besoin de parler tout seul la nuit pour ne pas entendre

La plainte de la cheminée

Plus besoin de soulever mes paupières 

Ni de lancer mon sang comme un disque

Ni de respirer malgré’ moi

Pourtant je ne désire pas mourir

La cloche de mon coeur chante à voix basse un espoir très ancien

Cette musique je sais bien mais les paroles

Que disent au juste les paroles

Imbe’cile

Imbécile

Les gens te regardent sans rire

Ils ont des yeux de verre

Tu passes Tu perds ton temps

Tu passes

Tu comptes jusqu'à cent et tu triches pour tuer dix secondes encore

Tu étends le bras brusquement pour mourir

N'aie pas peur

Pourtant je ne désire pas mourir

La cloche de mon coeur chante à voix basse un espoir très ancien

Cette musique Je sais bien Mais les paroles

Que disaient au juste les paroles

Imbécile

English version:

“Heart Song” translated by Roddy Scott


Cloud.

A white horse rises,

and there’s a small inn at dawn where the first 

to arrive will awaken all, rising. 

Are you going to wander around all your life

in the middle of this world

half-dead, half-asleep?

Have you not had enough of entering public doors?

People’s eyes follow, watching but not  laughing:

they have eyes of glass, 

you pass, you waste time, you pass

you count to a hundred but cheat, miss, repeat all this,

to kill ten seconds more.

You stretch your arm quickly out for death-

Oh don’t be afraid! 

One day or another

there will be no more than one day

and then just one day and then-

that’s it.

No more need to meet the men nor Good God!

Those felines they stroke from time to time,

no more need to talk alone at night so as not 

to hear the chimney’s moaning,

No more need to lift  my eyelids

nor fire my blood out like a discus,

nor breathe, despite myself-

just the same, I don’t feel like dying. 

The clock in my heart is a deep low bass

singing with ageless hope.

This music, I know it well-

but the lyrics, 

truly these lyrics… what an imbecile!

What do they say? 



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